Sept actions pour encourager la rénovation énergétique des logements individuels

Sept actions pour encourager la rénovation énergétique des logements individuels
octobre 11 10:42 2016 Imprimer cet article

Poursuivre les campagnes de sensibilisation aux économies d’énergies, insister sur le gain de confort suite aux travaux, optimiser le diagnostic énergétique, instaurer le principe d’un référent unique accompagnant le particulier dans l’ensemble de son projet… Pilotée par l’Agence parisienne du climat (APC), l’étude Vilote (pour « Vision long terme de la gestion et de l’utilisation du bâtiment, vers un bâtiment responsable »), dont les conclusions viennent d’être publiées, recèle de pistes de travail ultra-pertinentes afin d’accélérer la rénovation énergétique des logements.

Indispensable confort

Ces travaux socio-économiques, réalisés par le cabinet d’études sociologiques spécialisé Senzo études associé à Biomasse Normandie, et soutenus par l’Ademe, scrutent en effet les comportements des différents acteurs impliqués dans la décision de réaliser des travaux d’amélioration dans le parc social ou privé. À commencer par le secteur de la maison individuelle, qui accuse un retard certain comparé au premier. Face à des propriétaires peu enclins à réaliser des travaux car « peu habitués à des prescriptions de travaux obligatoires, et par conséquent, à la gestion de travaux », confrontés à des artisans « sans que ne soit envisagé études et suivi par un tiers », quel discours le professionnel doit-il privilégier ?

La motivation centrale semble bel et bien « le confort » indique l’étude. « En interrogeant les propriétaires de maisons individuelles, il apparaît que leur objectif premier n’est pas de rentabiliser les investissements, mais de gagner d’abord de manière tangible en confort », écrivent les auteurs.

Cela n’est pas la seule : « peuvent s’ajouter d’autres motivations personnelles à forte charge affective, telles que : une plus grande autonomie énergétique vis-à-vis des fournisseurs et distributeurs, la transmission familiale d’un bien immobilier valorisé et un fort attachement à la maison, à « son âme ». Ou encore, pour certains ménages encore rares « une sensibilité forte à la maîtrise de la consommation d’énergie ».

Il serait donc temps de remiser les arguments relatifs au temps de retour sur investissement, qui « n’est pas un moteur ni un frein de la rénovation : le calcul du temps de retour sur investissement n’est le plus souvent pas effectué, du fait de l’imprévisibilité de l’évolution du coût de l’énergie, et/ou parce que la configuration de la maison avant et après travaux change de manière significative (ajout d’une pièce, transformation de combles en pièce à vivre…) et rend la comparaison difficile ».

Le « retour » du conseiller en rénovation

Autre frein de taille à lever : l’aspect financier. Sur ce point, l’étude suggère deux pistes originales. La première repose sur la refonte de « produits financiers disponibles sur le marché » afin de les flécher « sur la réalisation de travaux de gros entretien », qui embarquent désormais la performance énergétique. Seconde piste : le développement d’une « communication renforcée autour de la notion de valeur patrimoniale du bien immobilier ».

Mais le financement n’est pas la seule faiblesse du marché de la rénovation du logement individuel, l’étude évoque ainsi une « sélection problématique » des entreprises de travaux, une étape qui peut s’avérer « longue, complexe et parfois décourageante », surtout lorsque l’on « n’a pas les compétences techniques particulières et que l’on ne peut pas être assisté de son entourage ».
Ce besoin de « transversalité » incite « à développer le rôle de coordinateur/conseil/AMO », qui peut être un « architecte/maître d’oeuvre/entreprise générale/conseiller-info-énergie » et pourquoi pas « un acteur à part entière, qui n’ait que ce rôle à jouer sur une opération donnée, lui permettant de se concentrer sur cette mission », suggèrent les auteurs, reprenant sur ce point une demande déjà formulée par de nombreuses voix : Club Essec énergieUFC Que ChoisirCFEE

Renforcer le diagnostic énergétique

Dans la même logique, les auteurs proposent de recourir à un « diagnostic énergétique et humain » en maison individuelle. Celui-ci tiendrait compte « des besoins individuels de l’ensemble des membres du foyer » et fournirait un choix optimisé des solutions à mettre en oeuvre » et « la programmation et la mise en place d’une approche de rénovation étalée dans le temps ».

Autres pistes intéressantes proposées par l’étude : intégrer la logique de rénovation énergétique dans l’approche sociétale actuelle du « faire soi-même » et de la collaboration.

L’étude rappelle surtout, en premier lieu, le rôle déterminant des pouvoirs publics. « La répétition des campagnes publicitaires et reportages télévisés sur la rénovation énergétique, tant nationales (un effet mobilisateur) que régionales (un effet de proximité), marque les esprits et peut inciter à s’informer plus précisément ».

Consulter l’Étude Vilote : comment motiver les maîtres d’ouvrage à passer aux travaux ? » 

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